Azawakh-Oska

Azawakh-Oska

Vous avez dit "IMPORT" ?

 

OUI , TOUS LES LEVRIERS DE L'AZAWAKH VIVANT EN EUROPE SONT ISSUS DE L'IMPORTATION !

LE SEUL DANGER RESIDE DANS L'USAGE DES IMPORTATIONS BROUILLONNES DE CES DERNIERES  ANNEES   FAITES AVEC
  L'ALIBI DEMAGOGIQUE DE FOURNIR A NOTRE CHEPTEL
DU "SANG NEUF ET FRAIS AFRICAIN"...
 

1-Tout d'abord, voici quelques exemples de chiens du Sahel
que certains dénomment par erreur "Azawakh"
 (cherchez l'erreur).

Azar, "une adorable petite azawakh bringée bleue" (dixit C.L.)
Azar


"Jeune chasseur avac son Azawakh" (ainsi légendé)
"Que c'est beau de voir tous ces Azawakh si différents chez le même propriétaire !" (sic)
Il s'agit en fait d'un marchand qui collecte des chiens errants pour la boucherie et les sacrifices, dans les pays animistes.
Rita, "l'azawakh"

 

 



 
 
2- Mise au point
 
 
 
 
Rappelons que dans les années 70 nous proposions de désigner ce chien sous le vocable "Oska", terme berbère parfaitement univoque, ou à défaut lévrier touareg, mais en réfutant les appellations "lévrier du Mali" ou "sloughi berbère".

 R'Eheouel ("Le foncé") - le premier sujet mâle importé en Europe, en 1968,
une référence pour la première version du standard

Au regard de la dérive et de l'extinction de nombreuses espèces, il paraît bon et salutaire de défendre la diversité génétique quitte à s'écarter d'une belle homogénéïté (pour notre regard d'esthétisant) et se détourner d'une tendance au gigantisme et à l'apparition de tares diverses.
Mais ce souci ne devrait pas laisser entrer dans le giron de la race
reconnue par la F.C.I des types voisins et une palette élargie de robes. Leur importation de campements touarègues ne suffit pas à
admettre des chiots comme de légitimes Azawakhs surtout quand ils ont été prélevés à des centaines de kilomètres du sanctuaire identifié dans les années 60 et 70.

Rappelons quelques évidences pour qui a fréquenté régulièrement cette
région et ses populations depuis quatre décennies :

1- L'action combinée de la désertification et des bouleversements des
sociétés pastorales a émietté et raréfié la population de lévriers, qui a toujours été hétérogène comme l'ont témoigné en leur temps Charles de Foucauld et Henri  Lhote.

De nombreux groupes pratiquaient encore dans les années 70 la chasse à courre (antilope, autruche, lion....) en utilisant de bons lévriers qu'ils élevaient à cette fin. La faune sauvage ayant quasiment disparu, les anciens éleveurs-chasseurs ont gardé leurs compagnons pour protéger leur cheptel des prédateurs que sont la hyène et le chacal. Le résultat de ce processus est que seuls quelques groupes nomades isolés ont continué d'elever et de valoriser ce lévrier. Ce qui n'a pas empêché la diaspora touarègue d'entraîner jusqu'en Haute-Volta, devenue le Burkina, et ailleurs, des chiens bien typés.
Dans ce processus historique, le sanctuaire du bel Oska s'est restreint aux campements de quelques fractions (tribus) de nomades dahoussahaqs et touaregs, pour l'essentiel.

2- Le standard que nous avions construit dans les années 70, sur la base des observations et des témoignages rapportés par Coppé, Parigi ,Roussel, et Lamarche , avait opéré des choix et donc écarté des
caractères morphologiques et des robes dites "non conformes".

Ainsi nous réfutions les décisions du Club du Sloughi de l'époque qui considérait l'Oska comme une forme dérivée du Sloughi tout juste bon à faire de la retrempe, ce qui a été pratiqué maintes fois....

Pour concrétiser notre conviction et notre revendication nous avions créé le Club du Lévrier Touareg (Oska) afin de défendre cette cause auprès de la F.C.I.

De plus nous présentions ce chien comme un élément de la culture berbère dans une conjoncture politique dominée alors par le pan-arabisme.

3- Il faut rappeler que sur le terrain il n'existait pas un Lévrier de l'Azawakh unique, mais une large diversité de types, au sein desquels nous avons opéré un choix (certes arbitraire), l'avons érigé en race, tout en sachant à l'époque que d'autres races pourraient être identifiées, à charge aux administrations des pays concernés (Tchad, Burkina, Niger, Mauritanie) d'instruire auprès de la F.C.I des démarches visant de nouvelles homologations.
Le terme Azawakh ne signifie rien pour les éleveurs-chasseurs touaregs et dahoussahaqs, qui nomment le chien Idi et le lévrier Oska.
C'est la F.C.I qui a donné (par souci d'un facile compromis) à ce lévrier le nom de son actuelle implantation géographique, terme qui évoque, dans la mémoire et l'imagninaire des nomades, une vaste zone de pâturages hors de la convoitise d'éleveurs nouveaux venus, dotée d'une belle faune sauvage, un espace immense, beau et pacifique, bref l'équivalent du vert paradis chanté par le poète....
En ces temps récents ou des voyageurs, des touristes humanitaires et des naturalistes ont rencontré des types variés dans une région plus
vaste que celle embrassée dans les années 70, cette mode récente du "voyage au sahel" n'apparaît pas comme une raison valable pour diluer le type original sélectionné par une civilisation pastorale durant plusieurs millénaires, et qui nous l'a légué, avec mission de le transmettre dans son authenticité.

Le Lévrier de l' Azawakh-Oska n'est pas un chien primitif, un pur produit de Dame Nature, non, il est le produit conjugué d'un biotope et des critères cynégétiques de groupes humains, auxquels nous devons reconnaissance et loyauté.
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3- Notre position actuelle
Bien sûr nous sommes parmi les "gardiens du temple", nous l'assumons et en sommes fiers.
Mais nous continuons d'affirmer que tous nos chiens sont des "imports", ou qu'ils en sont pour le moins les descendants.

Quand la vallée de l'Azawakh ne sera plus contrôlée ni menacée par les commandos terroristes d'Al Qaïda... alors il sera possible de visiter à nouveau les campements de nos amis dahoussahaqs, sur le versant oriental de la grande vallée.

Ce que nous dénonçons comme un péril pour la race reconnue et définie par la FCI en 1981, ce sont les importations brouillonnes des dernières années, et la revendication par un petit groupe activiste et dissident d'élargir notre standard FCI à "toutes les couleurs de robes" et à des types divergents.


La tentation de ceux qui, ayant rencontré en divers sites du Sahel des lévriers aux couleurs variées (particolore, bleue, noire...),  aspirent à une révision du standard et à une ouverture vers la palette de l'arc-en-ciel, nous la repoussons fermement avec ces trois arguments :

a- le standard n'est pas un texte sacré, mais un instrument de travail guidant l'elevage dans le sens de la genèse explicitée plus haut, pour éviter les interprétations abusives et les déviations, ce qui n'exclut pas des précisions et des aménagements;



Tekewelt, la première lice bringée, importée en Europe en 1986

b- c'est la morphologie qui constitue le facteur déterminant de la race. Notre attention est portée avant tout au format du corps et de la tête, à la finesse des tissus, à l'allure élancée, la finesse du fouet
 
c- un troisième argument, sanitaire celui-là, fondé sur le lien avéré depuis longtemps pour d'autres races, entre les gènes de la dilution et les pathologies de l'ouïe, de la vision et de la peau, est développé dans un autre article.
                                           __________________

Ne tombons pas dans le piège de la coloromanie et de la précision centimétrique des tâches blanches, ni, à l'opposé, à la tentation de transformer cette race en un fourre-tout qui accueille tous les types de chiens vivant au Sahel, sous la raison (démagogique) qu'ils sont "authentiquement africains".
Kel Tarbanassen Firhoun, un descendant de Tekewelt qui a bien marqué sa génération


NB - nos ainés les spécialistes (et vulgarisateurs) de la culture touarègue -Foucauld, Nicolas, Lhote, Bernus- n'avaient pas prêté attention à ce lévrier et à sa place singulière dans la société.
Mais ils l'avaient observé, et avaient noté ses dénominations et quelques traditions l'impliquant
.

Tamajeq -dit Tam'- un produit de la première génération en Europe,
né de R'Ehéouel x Reylane.
Cliché pris dans le bois de Vincennes en 1971  pour la revue "Bêtes et Nature".

 


15/02/2011
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