Azawakh-Oska

Azawakh-Oska

LA RÉ-IMPLANTATION DU LÉVRIER SAHARIEN DANS SON BERCEAU ORIGINEL

 

LE RETOUR DE L'OSKA AU TASSILI DES AJJER : CHRONIQUE D'UN ÉCHEC

 

 

C'était un beau et louable projet, mais ce fut une opération loupée, et sans suite pour le moment.

La carte ci-dessous montre l'envergure de ce projet, qui devait impliquer des éleveurs et des amateurs d'Europe et d'Algérie.

 

 

 

 

L'initiative de cette opération revient à M. et Mme Yousfi.

M. Youssef Yousfi, ingénieur géologue algérien, d'origine berbère de l'Aurès, partageait l'intérêt de son épouse Hélène pour les lévriers, et ils élevaient le sloughi et l'azawakh.

 

Sensibles à la rapide dégradation de l'écosystème saharien, sous les coups de l'aridité croissante, mais aussi des changements économiques et sociaux - exploitation du pétrole, marginalisation du pastoralisme saharien-  M. et Mme Yousfi formèrent le projet de soutenir le programme du parc régional du Tassili et du Hoggar. Ledit parc naturel avait lancé des études de terrain prolongées par des opérations de protection du patrimoine naturel et culturel de cette région désertique, avec le soutien de l'Unesco. Un des volets de ce programme prévoyait la ré-implantation d'espèces végétales menacées ou disparues, telles le cyprès et le tamaris, et aussi la gazelle, le mouflon, le guépard et le lévrier. L'État algérien finançait ce programme, avec l'appui de la fondation Tassili-Sonatrach (la Sonatrach étant la compagnie pétrolière étatique).

 

 

 

En sa qualité de Ministre de l'Énergie, Youssef Yousfi a pu faciliter la réalisation du programme de ré-insertion du lévrier saharien (notre azawakh-oska). Pour étudier la situation de départ et concevoir un programme d'action, deux connaisseurs ont été sollicités : Jean-Louis Grünheid et Gervais Coppé. Une première mission se déplaça dans le Tassili des Ajjer en novembre 1999, à la rencontre des Touaregs, et aussi pour visiter et étudier les scènes de chasse représentées sur les abris sous roche. Un art pariétal daté de deux à cinq mille ans, qui fait de ces vallées un gigantesque musée à ciel ouvert. Les Touaregs Ajjer ne disposaient plus de lévriers, la chasse n'étant plus pratiquée suite à la disparition de la faune sauvage, mais ils gardaient dans leur mémoire nostalgique les souvenirs de cette activité, et le nom de son indispensable auxiliaire : l'oska.

 

Une deuxième mission, en février 2000, transféra une dizaine de chiots de nos élevages vers divers sites dans le Tassili. A cette occasion fut relancée à Alger, en présence de deux ministres bienveillants, la société canine algérienne et fut créé le club algérien du lévrier du Tassili-Hoggar. Ce club étant chargé, après notre départ, de suivre l'adaptation des chiots installés et d'ouvrir un livre des origines sous la tutelle du ministère de l'agriculture.

Quelques mois plus tard, Jean-Louis Grünheid et Sofiane Yousfi, vétérinaire, firent une mission de suivi élargie au Hoggar, en vue d'une extension de l'opéraion.

 

Puis le silence s'installa. Les démarches administratives furent oubliées, et nous ne reçûmes aucun courrier, aucun témoignage.  Les initiateurs de l'opération invoquèrent l'agitation islamiste pour expliquer la difficulté d'opérer un suivi. Et ce fut finalement l'abandon, le naufrage de l'opération. Nous avons seulement appris que le couple installé chez les vétérinaires de Djanet avait eu des portées...

 

 

 

En conclusion, observons que dans toutes les espèces et les races animales, la diffusion est un mécanisme biologique universel. Elle peut-être causée et facilitée par des phénomènes naturels -le changement climatique, les courants marins, le vent, etc...- mais aussi provoquée par l'homme, les progrès de sa technologie et ses besoins économiques. Ces migrations d'espèces et de races doivent être maniées avec prudence, car ce phénomène de colonisation d'espaces nouveaux risque de provoquer de graves désordres : citons la jacinte d'eau dans les fleuves d'Afrique, le ragondin en Europe, le lapin et le chameau en Australie, par exemple.  En ce qui nous concerne, il ne s'agissait que de ré-implanter un canidé dans le biotope qui avait été son berceau et son aire d'expansion durant plusieurs millénaires.

 



03/03/2011
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